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Les frustrations du jardinage
07/07/2026
Un jardin peut être à la fois notre plus grande joie et notre plus grande frustration.

Les limaces qui se régalent de ton potager, de tes dahlias et de tes tournesols. Les chardons et les orties que tu croyais avoir éradiqués, et qui pointent déjà à nouveau le bout de leur nez, triomphants. Une magnifique prairie ondulante et fleurie, réduite à néant après un orage. Ou une pelouse qui se dessèche après une vague de chaleur ou qui est dévorée par des vers blancs (larves de hannetons). Le liseron des haies qui s’enroule comme un étrangleur autour des arbustes et des plantes vivaces. Des bordures qui se couvrent lentement de mauvaises herbes, malgré le paillis et le géotextile.

Tout jardinier y sera confronté tôt ou tard. 

Le jardinage peut être assez intense, surtout pendant la saison de croissance, de mai à juillet. Les bons jours, désherber ressemble presque à une forme de méditation. Il arrive de se perdre dans la verdure et, avant même de s’en rendre compte, deux heures se sont écoulées. Les jours moins favorables, l’herbe et les ronces semblent littéralement pousser au-dessus de la tête, l'arbre qui cache la forêt  et il devient difficile de savoir par où commencer.

J’ai lu quelque part une belle citation : « En tant qu’être humain, on a un impact sur le jardin, mais pas de contrôle. » C’est peut-être la leçon la plus importante que nous enseigne un jardin. Il faut savoir lâcher prise et faire preuve de beaucoup de patience. Une sorte de pleine conscience verte.

Il y a des années, je pensais moi-même qu’un jardin naturel signifiait avant tout : laisser la nature suivre son cours. Depuis, j’ai compris qu’il n’en est rien. Car si on lâche vraiment tout, on n’obtient généralement pas plus de nature, mais surtout plus de la même chose. Les espèces dominantes comme les orties, les chardons, les ronces, le liseron des haies et les graminées prennent vite le dessus. Les forts apports d’azote dans nos régions donnent encore plus d’avance à ces plantes à croissance rapide. Et un climat de plus en plus capricieux rend tout ça encore un peu moins prévisible.

Un jardin naturel, c’est justement une question de biodiversité. Il s’agit d’accueillir autant d'espèces de plantes et d’animaux différents que possible. Et pour ça, il faut parfois justement intervenir pour préserver la mosaïque de biotopes, une grande variété d’espèces végétales et une stratification verticale suffisante. Un jardin sans entretien, ça n’existe pas. Mais on peut faire plein de choix malins lors de l’aménagement de ton jardin pour que l’entretien reste gérable.

Quelques conseils d'aménagement de jardin:
  • Les arbres, les arbustes et les haies demandent, une fois bien établis, relativement peu d’entretien. Une mare bien placé ou une haie à croissance lente demandent aussi étonnamment peu de travail. Une pelouse et une prairie fleurie demandent plus d’attention, tandis que les bordures fleuries et un potager sont ceux qui demandent le plus de temps.
  • Optez autant que possible pour des plantes vivaces. Les annuelles, comme beaucoup de fleurs coupées et de légumes, doivent être semées et plantées chaque année, et le sol doit être bien préparé. Les plantes vivaces repoussent toutes seules chaque année, si elles sont plantées au bon endroit.
  • Optez pour un haie libre ou un bosquet à oiseaux. Une haie libre ne nécessite qu’une taille d’entretien légère tous les trois à cinq ans. Ça vous épargne pas mal de boulot et ça donne plus de fleurs, de baies et d’endroits où les oiseaux peuvent faire leur nid. Si vous préfèrez une haie bien taillée, opte pour des espèces à croissance plus lente comme le troène, le charme ou le hêtre, plutôt que le laurier-cerise ou le chèvrefeuille à feuilles de buis, qui doivent être taillés plusieurs fois par an.
  • Plantez vos arbres de manière réfléchie. Tenez bien compte de leur profil futur, c'est-à-dire de leur hauteur et de leur largeur définitives. Un arbre bien placé ne demandera pratiquement aucun entretien par la suite.
  • Les bordures demandent un suivi. Apprenez à reconnaître les mauvaises herbes dès leur apparition et intervenez à temps si une espèce devient trop dominante. Prévoyez aussi une bordure bien délimité pour que l’herbe envahisse moins vite la bordure.
  • Couvrez la terre nue, sinon c’est une invitation ouverte à la végétation spontanée. Le paillage est peut-être le moyen le plus simple de réduire considérablement le désherbage.
  • Les couvre-sols valent aussi leur pesant d’or. Ils poussent vite et, dès qu’ils recouvrent entièrement le sol, les mauvaises herbes ont beaucoup moins de chances de s’installer.
  • Les bulbes à naturaliser sont un investissement pour l’avenir. De nombreuses espèces se multiplient d’elles-mêmes, ce qui vous permet d’avoir plus de fleurs chaque printemps sans travail supplémentaire.
  • Limitez la pelouse au strict nécessaire et à ce qui est fonctionnel : ça vous évitera pas mal de tontes. Les prairies de fauche et les prairies fleuries, il faut les fauchez une ou deux fois par an, à la faux ou à la débroussailleuse
  • Ne tondez pas votre pelouse trop court et évitez de tondre quand il fait chaud. L’herbe plus longue reste plus fraîche, sèche moins vite et résiste mieux à la sécheresse. Vous pouvez donc sans crainte sauter une tonte.
  • Réfléchissez bien avant de remplir votre terrasse de pots. Plus il y a de pots, plus il y a d’arrosage à faire. Les plantes en pleine terre en bonne santé enfoncent leurs racines profondément pour aller chercher l’eau elles-mêmes.
  • Suivez le rythme des saisons. L’automne et le début de l’hiver sont la période idéale pour planter des vivaces, des arbustes et des arbres : les racines ont ainsi tout le temps de bien s’enraciner avant le début de la période de croissance. Vous pouvez aussi planter des vivaces au printemps, mais s’il fait sec par la suite, vous devrez les arroser régulièrement.
Notre jardin est loin d’être parfait et tous nos petits projets de jardinage ne réussissent pas. C’est parfois une véritable quête : expérimenter, observer, ajuster et réessayer. C’est un jardin où, de temps en temps, quelque chose se fait manger, est emporté par le vent, disparaît, puis réapparaît spontanément ailleurs.

Mais c’est justement là que réside tout son charme pour nous. C’est un jardin qui regorge de vie, où chaque année de nouvelles espèces trouvent leur place – on en est à 1 200 – et qui gagne chaque saison un peu plus d’équilibre et de résilience. Ça le rend pas seulement plus beau à nos yeux, mais aussi plus captivant et passionnant. Il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir.

Et oui, nous aussi, on jure de temps en temps et on fait appel à la brigade anti-limaces pour contenir nos amis visqueux. Comme tout le monde. Pas de douleur, pas de gain !
Commentaires
  • Leuke tekst! En fijn voor wat oplossingen. (Mieke)
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